lundi 25 mai 2015

Achever (hommage à Péloquin)

Nous, la bande de caves, nous
qui voulons tant, nous
qui voulons tout

                      ... vouloir.


Nous pis notre "hostie de nation", nous
pis notre ostination,
toujours,
à chercher à acheter,
toujours plus
d'hosties d'cossins
quitte à vendre notre âme
à vil prix
pour mieux acheter
         pour acheter.

Aweyons ! :
          Ayons !
          Possédons !
Possédons don'c
         ... Tout !

   ... SurTout

nous qui carburons
à l'abus
            jusqu'à abuser d'abuser
quand consommer nous consume
nous en redemandons.

Nous qui, même épuisés,
encore et encore
                      épuisons. 

Ad nauseam ad nauseam. 

Nous qui sommes nous sommes, oui, tannés

                                  d'être tannés, oui


de mourir

                           Ainsi, achevons ainsi
                                     d'achever, bande de caves !



        Mais nous, nous serons morts, mon frère,
d'avoir eu trop à mourir.

dimanche 19 avril 2015

Vers (fin)

Quelle tragédie.
Le Cardinal Turcotte décédé.


Toute sa vie durant,
Jean-Claude professa
la Parole du Tout-Puissant.
Il entrerait après sa mort

            au Royaume des Cieux...


Quelle tragédie!
Gésir inerte à présent

            au royaume des vers...

- comme pour les athées.


Quelle tragédie!!

- On imagine les dernières pensées lucides
du Cardinal réalisant peut-être
au moment de trépasser,
cette angoissante vérité

qu'aucune âme ne lui survivrait...

   "Ma foi, Dieu absent?"
   "Dieu inexistant?"

Pour les dernières pensées lucides
du Cardinal, Requiem.


Chercher
toute sa vie,
la vie éternelle,
Mais mourir
en trouvant rien

              que sa MORT
              éternelle.

Quelle tragédie!!!

Mais
quelle comédie!!!

Et quelle farce
que la vie!

Et quelle extraordinaire mise en scène
              que la vie!

- C'est en sa vie mortelle qu'il faut croire.

Amen.

mercredi 15 avril 2015

Vers (suite)

La........ vue  ...  d'un   ..  vieux    fromage  pourrissant au-fond-d'unepoubelleinfestéedevers..............
me.......... fit   ...  songer  ..   à .   ce    qui   adviendra un-jour-demoncerveautoutaussivulgaire.

dimanche 12 avril 2015

Adieu à dieu | Fuck toute

Chaque moment où dans le dos de dieu,
nous nous épousons,
je cesse d'être homme
je ressens plus clairement
"l'animal [en moi] que donc je suis"

cela est juste et bon.

Laisse-moi te sauter sur l'occasion
Laisse-moi pénétrer ton divin enfer bien terrestre
Laisse-moi, ma béatissime
te béatifier,
- Laisse-moi béat,
suivant le beat de notre béatitude
à sainte-béatrix au chalet
comme à pandémonium
trois heures quatorze du matin.

À deux,
exit dieu
suffit satan
fuck toute
qu'une seule déesse qui soit
pour toute
et qu'un seul fidèle dans cette religion.

À deux,
nous, dans cet amour immanent à la nature notre nature
qui nous transcende en même temps.

À deux,
adieu
à dieu

qui disparaît tant tu lui fais de l'ombre.

Politique de retour

I had a dream
mais hélas! me voici jubjotant
en plein cauchemar

émeutier seul
dans la souricière
du monde.

Aujourd'hui
je me prends
surprends
à jouer
à me déjouer
de tous ces jeux
de dés
de société

achetés

à perte

partout
en magasin.

Plaidoyer
pour une politique de retour.

Passant go,
tous ensemble
je monte à l'assaut
j'écume l'espoir...
on re-pimp on repipe on rebrasse les dés
rewind, nous recommençons
érotico-mocheton
vive la révolution.


dimanche 23 novembre 2014

Cogito ergo sum (partition de musique)

Le calme
Avant la tempête
Après la tempête
d'avant le calme

                   - À la brunante.


La chaleur fraîche

                  - de ta peau.


L'horizon

                  - de tes yeux


assoupis.


Le parfum

                  - de tes frissons sous la brise de mer.


Telle barque ballottant à quai
à même la berceuse des vaguettes

Les flots tranquilles
en spires carressent les rocs
Lorsque de concert avec la lune
monte piano la marée

Du bassin de ta baie
Isse une sirène aphrodite.

Du fond des eaux douces salées
Poséidon en colère s'enflamme

Susse-je, pensasse-je jamais que
simple mortel,
moi je n'ai point droit à toi.
Mais désir.
Mais désir!
Ô combien!
Et comment!

ergo je dis :

Belle,
largue mes amarres!

navigue-moi.

Et jà, au large,
Le vent se levant
subito
La foudre!
s'abat
sur nos ébats
naissants

J'allume!
Ton feu de Saint-Elme.
En toi jaillit
la Vague
dont rêvait tant
le surfeur en moi

souffle mon souffle
haletant
de plus en plus
en plus puissamment
sur tes blanches voiles
déployées!

Nous voici
allegro
des poissons
volants!

Plus rien n'est calme
Plus rien n'est calme!
La tempête tropicale!
Le tsunami!
(Loco)
Le délirium des plaques tectoniques!
Les animaux marins en émoi!


- L'éclatement de Tout!

Les océans
en orbite
rejoignent le soleil!
une force grandiose les y aspirent!
les particules
s'évaporent dans le soleil!
Fortissimo, nous explosons!!!!

Un nouveau
Big 
Bang!!!

Ainsi toi et moi
Nous
(tutti)
précédâmes
Tout.
...

L'horizon atteint,
je m'en approche encore un peu plus,
- je t'aime.

Je t'étreins en decrescendo - je veux te murmurer
à l'oreille quelque parole
rassurante;

puisse-t-elle calmer la tempête.

écoute bien,
surtout rappelle-toi bien
la vérité
de ces mots-lumière,
je dis, point d'orgue :

"Cogito ergo sum".